Tour du monde des projets
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Projets et actions

Prévention des violences sexuelles grâce à l'autonomisation socioéconomique des femmes à Bujumbura au Burundi

Le projet soutenu par la Fondation vise à réduire la vulnérabilité des femmes aux violences domestiques dans la province rurale de Bujumbura au Burundi, touchée par des conflits, en développant...

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L'histoire de Céline et Jean, membres d'une association villageoise d'épargne et de crédit au Burundi

Depuis juillet 2009, la Fondation PPR soutient le projet de l'ONG International Rescue Committee au Burundi. Le programme met en place de groupements auto-gérés d'hommes et de femmes, offrant des possibilités d'épargne et de crédit. Parallèlement, les membres participent à des groupes de discussion sur la place de la femme au sein du foyer. Récit de vie d'une famille membre du programme...

partenariat ONG > IRC_témoignage Céline et JeanProvince de Makamba, Burundi – Pour Céline Mpitabakana et son mari Jean, économiser assez pour s’acheter un petit terrain a toujours été un rêve fervent mais bien lointain. En 1993, le couple avait dû fuir son foyer dans la province de Makamba au sud du Burundi alors qu’une guerre civile faisait rage dans le pays.

Après 14 années de vie de réfugiés en Tanzanie voisine, Céline, Jean et leurs six enfants sont rentrés chez eux en 2007 pour s’installer dans un village de pêcheurs niché sur les rives du lac Tanganyika. Comme partout au Burundi, les souvenirs de crise et de bouleversements restent présents à l’esprit de chacun. Au total, plus de 200 000 personnes ont été tuées et un million d’autres déplacées durant les 16 longues années du conflit au Burundi qui s’est officiellement achevé cette année seulement.

La famille Mpitabakana s’est retrouvée confrontée à la perspective de recommencer sa vie avec le peu de biens qu’elle avait rapportés de son exil. Et puis Céline a entendu parler d’un projet exceptionnel parrainé par l’International Rescue Committee : un programme d’associations villageoises d’épargne et de crédit, conçues pour proposer des prêts à faible taux d’intérêt à la population locale. Les adhérents de l’association se réunissent chaque semaine et conviennent ensemble de mettre de côté des petites sommes d’argent octroyées ensuite sous forme de prêts aux adhérents. Les intérêts à taux réduit versés par les emprunteurs permettent à l’association de se constituer un fonds de capital réparti sous forme de parts qui sont reversées au bout d’un an.
Céline a rejoint son association locale, dans l’espoir de gagner assez d’argent pour subvenir aux besoins de ses enfants. Elle en a en fait retiré beaucoup plus.

Elle a utilisé le montant de ses parts du fonds pour acquérir le petit terrain dont elle et son mari avaient toujours rêvé. Avec le solde, elle a ensuite ouvert une petite échoppe où elle vend des bananes, de la farine et du poisson. Dans le même temps, Céline et son mari ont aussi participé à des groupes de discussions parrainées par l’association visant à encourager les couples à se partager plus équitablement le travail et les décisions du foyer. « Mon mari a commencé à me poser plus de questions et désormais il écoute ce que j’ai à dire », dit Céline. « Avant, il faisait ce qu’il voulait et gaspillait l’argent pour acheter de la bière, et on se disputait constamment. Maintenant, on prend les décisions ensemble. »

Tamah Murfet, qui gère le programme de l’IRC au Burundi, explique que non seulement les associations accompagnent l’autonomisation économique des femmes, mais qu’elles jouent en plus un rôle essentiel pour les encourager à prendre part à la prise de décisions au sein de leur foyer et de leur communauté. Par ailleurs, ces associations créent un sens de la solidarité développé. Leurs adhérents se réunissent dans leurs maisons respectives, se renseignent si quelqu’un n’a pas assisté à une réunion, et cotisent à un fonds d’urgence pour apporter un complément d’aide au besoin.

Pour Céline, faire partie d’une association l’a aidée à soulager le sentiment d’aliénation et d’impuissance ressenti lors de son retour au pays. « Désormais, tous nos enfants vont à l’école et nous avons l’esprit serein. »

 

 

© 2009 Fondation d'Entreprise PPR pour la Dignité et les Droits des Femmes