
8 mars 2011: Atelier de costumisation chez Sakina M'Sa pour les collaboratrices de PPR
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- Prêt à porter couture avec la marque Sakina M'Sa - Sous-traitance : réponse notamment à des marchés publics, fabrication d'uniformes... - Prestations pour animation d'ateliers de couture -...
Lire la suiteSakina M’Sa pousse la porte et sa marraine la serre dans ses bras. Depuis six mois Sandrine Meunier, directrice des Ressources Humaines France chez Yves Saint Laurent, accompagne la jeune styliste dans son projet. Entretien avec deux femmes dynamiques et complémentaires.
Cela fait six mois que vous travaillez ensemble : quelles sont les avancées ?
Sandrine : Au lancement de la relation de parrainage, nous nous sommes mises d’accord sur certains axes de travail prioritaires. Sakina est une artiste et sa collection couture l’absorbe. Mais il faut aussi occuper le terrain pour vendre les pièces ! Elle a besoin de s’entourer d’un bon commercial.
Sakina : Depuis septembre, Sandrine m’accompagne sur ce recrutement. Nous avons rédigé ensemble la fiche de poste et elle m’a formée au tri des CV. Le mois prochain, nous rencontrerons ensemble deux candidats, pour que Sandrine me donne quelques techniques d’entretien. Je dois apprendre à analyser à froid les réactions des candidats.
La nouvelle collection Sakina Paris est désormais prête à être lancée ?
Sakina : Oui ! Après des semaines de travail, la collection sera montrée fin janvier. Avec les salariées de l’atelier, nous nous sommes beaucoup investies pour améliorer la qualité de nos produits. Dans ce domaine très technique, je suis accompagnée par Hélène de Buhren, qui est directrice de développement produit chez Balenciaga. Je l’ai rencontrée grâce à l’audit que certains hauts potentiels de PPR ont fait de mon atelier en juin dernier. En réalité, j’ai la chance d’avoir deux marraines chez PPR ! Hélène m’a également permis de rencontrer deux couturières qui souhaitent s’investir bénévolement dans l’atelier.
Sandrine : Si tu ouvres les portes de ton atelier à de nouvelles personnes, veille bien à répartir les rôles et les territoires d’intervention, pour éviter les conflits. Je te donne un conseil : ferme les yeux et écoute. Au bruit qui règne dans ton atelier, tu peux sentir si tout va bien ou pas.
Qu’avez-vous appris l’une de l’autre ?
Sakina : Sandrine est quelqu’un de très humain, mais elle sait aussi se montrer exigeante. Je prends exemple et j’apprends à sortir de l’affectif. Parfois, il y a des règles et il est nécessaire de les respecter.
Sandrine : Sakina cumule les doutes d’un créatif et ceux d’un chef d’entreprise. Elle se remet sans cesse en question et reste en permanence à l’écoute de son entourage. Je l’admire car elle ne baisse jamais les bras. Après chaque rencontre, je suis pleine d’énergie !
Quelles sont les prochaines étapes du parrainage ?
Sakina : Fin janvier, Sandrine m’emmène visiter l’usine de confection Yves Saint Laurent à Angers. Je vais ainsi pouvoir rencontrer les chefs d’atelier, leurs demander conseil. On travaillera aussi ensemble à mieux structurer l’organisation de l’Atelier Trevo, à établir des cahiers des charges plus précis.
Sandrine : Ce qui me touche dans le projet de Sakina c’est sa volonté d’insérer par le beau : elle n’hésite pas à confier des tâches de haute couture à des femmes marginalisées. Elle les tire vers le haut, vers le beau. J’ai envie de l’accompagner dans son projet tant que je pourrai être utile à l’Atelier Trevo.
Que souhaitez-vous à la Fondation pour ses 2 ans ?
Sakina : Longue vie! Et de continuer à permettre aux femmes de se développer en restant vêtues de leurs différences.
Sandrine : D'accompagner et de mettre en musique l'energie et la force de femmes de convictions !